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Un chef sous les étoiles

Magicien des saveurs, Christophe Roure joue des arômes et des couleurs comme un compositeur avec les notes de sa partition. Un travail d’orfèvre précis, rigoureux et harmonieux qui donne naissance à de subtils tableaux visuels culinaires. Cet art esthétique qui se traduit en bouche par une explosion de goûts est le fruit d’un parcours ponctué de distinctions.

On n’accède pas au « Neuvième Art », art suprême sans un travail acharné et exigeant. Les expériences auprès de chefs renommés tels Paul Bocuse, les voyages, les rencontres ont façonné Christophe Roure et l’ont conduit à décrocher les étoiles.  « Quand j’étais petit, je ne savais même pas qu’il existait des restaurants avec des étoiles », plaisante le chef ! Mais quand on commence à goûter à l’univers des étoiles, difficile de le quitter.

S’emparer des étoiles, le Saint-Graal de la reconnaissance ultime, c’est l’obsession de tout chef. « J’ai débuté mes premiers pas dans ce monde étoilé lors de mon apprentissage au restaurant la Poularde à Montrond les Bains dans le cadre d’un BP. Après je n’ai imaginé que cela et su que je ne pourrais pratiquer la cuisine que dans ce type de Maisons aux côtés des grands chefs. J’avais déjà au fond de moi-même mes idées et il me paraissait évident qu’un jour moi aussi je m’installerais pour mettre en œuvre ma liberté de choix et d’expression culinaire ».

En avril 2003, c’est chose faite ! « Une fois installé, ma cuisine a été le prolongement naturel de ce que j’avais réalisé avant. Mais j’ai continué à travailler pour progresser, accéder à un plus haut niveau pour moi-même cette fois ».

2004, la surprise de la 1ère étoile, « Noël avant l’heure »

Cette volonté, ce tempérament perfectionniste sont récompensés en février 2004 par l’obtention de la première étoile. Une surprise pour le chef.

« Elle est arrivée rapidement. Je ne pensais pas sincèrement qu’elle arriverait aussi vite. Nous n’étions que deux en salle et deux en cuisine. Ce fut beaucoup d’implication et de travail, mais quelle joie et quelle fierté ! Finalement, dans notre vie de tous les jours, l’obtention de cette étoile n’a rien changé mais nous a permis d’avancer, de gagner en notoriété et donc de pouvoir embaucher davantage de personnel. Nati et moi nous nous rappelons de ce moment avec émotions, nous avons reçu des dizaines et dizaines de petits mots, fax et lettres de félicitations, nous n’avions pas l’habitude, c’était génial. Un peu Noël avant l’heure ! » 

2007, le sacre du MOF

Tel un sportif de haut niveau, Christophe Roure ne s’est pas endormi sur son étoile ! « Après avoir travaillé en tant que salarié auprès de MOF, (Gilles Etéocle, Paul Bocuse, Roger Jaloux, Christian Bouvarel, Jacques Décoret, qui obtient le titre en 1996 alors que nous travaillions ensemble chez Régis Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid), puis Serge Chenet à Villeneuve-les-Avignon, j’ai souhaité moi-aussi tenter ma chance. Je voulais me prouver quelque-chose à moi-même ». Un nouveau challenge pour Christophe. « J’avais envie de rajouter une distinction supplémentaire dans mon escarcelle. » Un défi difficile mais relevé avec brio ! « Le concours de MOF, c’est la reconnaissance de vos pairs. Ce col bleu, blanc et rouge, vous le gardez à vie et il fait partie de vous-mêmes. Vous devez toujours vous en montrer digne »

2008, l’année de la 2 ème étoile   

Les étoiles brillent toujours dans les yeux de Christophe ! « Revenant du MOF, nous décidons de nous attaquer à la deuxième étoile. Là encore, je ne pensais pas qu’elle arriverait l’année d’après. Au moment de l’annonce du Michelin, je donnais des cours de cuisine dans le Nord de la France ! J’ai fêté l’instant à Bunes avec Marc Meurin lui-aussi 2 étoiles » Une consécration pour le chef.

« C’est en quittant notre département de la Loire en mars 2014 que notre restaurant a perdu ses deux étoiles. Heureusement, il les a retrouvés aussitôt en mars 2015. Le plus dur, c’est de les conserver ». Un parcours exemplaire ponctué de distinctions qui a de quoi susciter l’envie auprès des graines de chefs !